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Regard d'un homme libre sur l'actualité régionale, française et internationale...

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La Tunisie : Nouvel Iran ?

270px-RachedGhannouchiDès la nouvelle apprise à Londres, Rached Ghannouchi, leader du parti islamiste tunisien Ennahda (Eveil), condamné à perpétuité dans son pays, va prendre son billet d'avant pour revenir au pays. En effet, il dispose déjà d'un réseau de propagande, certaines mosquées font de la propagande en sous-main pour ce parti depuis des années, depuis que le gouvernement de Ben Ali à empêché les islamistes de prendre le pouvoir, ou de destabiliser le pays comme ils l'ont fait en Algérie et en Egypte (qui connaissent malgré tout des pouvoirs forts et autoritaires), dans les années 90. De plus, le réseau ainsi mis en place est dense et touche l'ensemble de la société car il instaure des structures d'aides, notamment pour la santé, l'éducation, et un grand nombre de service pour les plus pauvres, permettant de développer et d'encourager l'islamisme vers des populations ayant d'importantes raisons pour se mobiliser. Cela reprend le modèle qu'avait créé les Frères Musulman en Jordanie, de « développement d'infrastructure sociales et culturelles d'une république islamique »1.

 

Ghannouchi a subtilement fait valoir que son parti participait d'une mouvance « islamiste et démocratique, très proche de l'AKP turc », le parti islamo-conservateur au pouvoir en Turquie sous la direction du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Il a affirmé dans un entretien publié vendredi par le journal belge Le Soir, que son parti avait accepté en 1988 le statut des femmes tel qu'il est défini en Tunisie – c'est l'un des plus libéraux du monde arabe.2 Mais rappelons qu'il était le gardien de la ligne dure du parti et qu'il avait déclaré dans une interview quelques années après son arrivé sur le sol européen, « qu'il n'existe que deux Parlements dignes de ce nom dans tout le Moyen-Orient: l'iranien et l'israélien. Nous sommes donc en Iran devant un Etat légitime et, par là, moderne. »3

 

A Tunis, Sadok Chourou, 63 ans, ancien président du mouvement islamiste tunisien interdit Ennahdha, libéré le 30 octobre 2010 après avoir passé vingt ans en prison pour ses activités politiques, se trouvait en tête des manifestants. « Le nouveau gouvernement ne représente pas le peuple et doit tomber. Non au RCD », le Rassemblement constitutionnel démocratique de l’ancien président, a-t-il déclaré à l’AFP au cours de la manifestation, rassemblant un millier de personnes sur l’avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis. Des jeunes brandissaient près de lui une pancarte « Oui à Ennahdha ».4

 

« L'islamisme est l'équivalent de l'opposition démocratique à l'autoritarisme dans les sociétés chrétiennes. »5 De plus, ces mouvements se développent sur des facteurs identique : l'absence de mobilité sociale, la perte de légitimité du pouvoir centrale et un environnement international qui se modifie.

 

En conclusion, nous conclurons en disant que la Tunisie va sans doute à l'avenir créé sa propre voie, qui sera plus proche de celle de l'Iran que celle des états occidentaux, d'où de nécessaire conflit dans le futur proche. Prendre parti dans les affaires de la Tunisie est sans doute trop tôt, mais rappelons qu'en 1918, nous étions bien content d'avoir fait tomber le Kaiser en Allemagne et que moins de trente ans après est né la Bête Immonde, alors comme dise nos amis britanniques : « Wait and see » !


________

 

1 New-York Times, 26 décembre, 1992

5 Samuel P. Huntington, Le Choc des civilisations, Odile Jacob Poche, Paris, 2000, p. 162

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