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La révolte gronde dans la majorité des pays musulmans du basin méditerranéen, pour remplacer les régimes dures et forts qui empêchent les parties qui s'appuient le plus sur la doctrine de s'exprimeer publiquement. Nous sommes à un tournant dans l'histoire de cette partie. Les élites qui veulent prendre le pouvoir ne sont pas comme les précédentes issus d'université étrangère, mais on grandit dans le pays et veulent retourner dans leurs traditions, leurs origines rêvées. C'est un repli identitaire, car le modèle qui leur était proposé a montré ces limites et est même entrain de décliner. le modèle capitaliste et occidental est en véritable chute libre, si bien que ces populations ayant des traditions différentes vont vouloir se replier sur elle-même ; c'est pourquoi, par exemple, l'opposant islamiste tunisien Rached Ghannouchi est enfin rentré dans son pays1 (que nous avons déjà évoqué ici), car une loi d'amnistie a été voté, permettant ainsi la renaissance de son parti : l' « Ennhadha ». Les tunisiennes redoutent leur retour, Mabrouka, 29 ans, racontent "J'ai vu beaucoup de barbus aujourd'hui, cela m'a fait peur", alors que les signes extérieurs de religiosité étaient très rares en Tunisie jusqu'à présent. Ou encore, ce chef d'une bande d'adolescent, lançant à une journaliste de l'AFP : "Avec la révolution, les droits des femmes, c'est fini!"2
Pour donner plus de poids et de crédibilité, les mouvements religieux vont alors, après avoirs créer des réseaux, mettre en place des services à la population et ainsi remplacé l'état devenu défaillant, permettant une meilleur emprise sur la société. C'est ce que font actuellement les Frères Musulmans en Egypte. « Les Frères musulmans, première force d'opposition en Égypte, ont annoncé de leur côté le recrutement de volontaires pour former des comités de quartier et protéger les établissements publics et privés. »3 Ils vont ainsi prendre une place encore plus importante dans le paysage, et même si Moubarak ne quitte pas le pouvoir, il pourrait rencontrer quelques problèmes lors des prochaines élections, ayant lieu en automne 2011.
Des personnalités occidentales, comme par exemple le directeur de l'IRIS4, se voilent la face en disant à qui mieux mieux, qu'il n'y a que des discours politiques. Il a raison en ayant tort car, dans la franche dur de l'islam, les deux sont intrinsèques, l'un ne va pas sans l'autre. Par exemple, il y a l'appel au Khilafah, « qui est un commandement général pour l'ensemble des musulmans [...] afin d'appliquer les lois islamiques et de porter le Message islamique au monde »5 et certains dans les manifestations tunisiennes y font appel :
La vidéo est issus de ce site.
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1 Flash actu du Figaro du 30/01/11 : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/30/97001-20110130FILWWW00068-l-opposant-ghannouchi-est-arrive-a-tunis.php
2 « Les Tunisiennes redoutent le retour des islamistes »,Jeune afrique du 23/01/2011 http://www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20091025T111726Z/
3 « Les Égyptiens se mobilisent pour se protéger des pillards », Le Figaro du 30/01/2011 : http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/30/01003-20110130ARTFIG00074-les-egyptiens-se-mobilisent-pour-se-proteger-des-pillards.php
4 « Boniface ne croit pas au risque d'islamisation en Tunisie » Interview pour le Talk Orange/ le Figaro : http://www.lefigaro.fr/le-talk/2011/01/19/01021-20110119ARTFIG00556-pascal-boniface-invite-du-talk-orange-le-figaro.php
5 http://albadil.edaama.org/pdf/quesaistu.pdf