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Regard d'un homme libre sur l'actualité régionale, française et internationale...

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L'ennemmie de la finance ?

hollande.jpgLa dernière conférence de presse du président a tourné autour des enjeux économiques. Lorsque l’on écoute le président, on a l’impression de prendre une machine à voyager dans le temps et d’écouter un autre François, en 1983… Même si le Président n’aime pas ce mot, c’est un tournant et non « une accélération » comme il l’a dit ; c’est un changement de cap, plutôt que de passer par le fonctionnariat pour créer de l’emploi en faisant taxer les entreprises, il est question de favoriser les entreprises.

 

Remettre l’offre au centre de la vie politique économique est sans doute une chose nécessaire qui devait être fait. François Hollande a fait son coming-out social-libéral en créant son nouveau pacte : le pacte de responsabilité, en prenant acte de la situation économique actuelle en France, reconnaissant même qu’il y a une crise dont il n’avait  «sans doute pas mesurer l’ampleur ».

 

 

Il a appelé de ses voeux à un choc de simplification. En effet, devant l’inflation législative et l’absence de sécurité législative, les entreprises sont affectées par un moindre intérêt pour investir, produire et embaucher en France, dans un environnement incertain, où le temps politique n’est pas le temps de l’entreprise. Cet environnement incertain est dû à la complexité extrêmement importante de notre pays. Cette simplification, si elle a effectivement lieu, peut redonner confiance aux entrepreneurs pour créer du travail et investir en France, même si rappelons-le, cette idée a été développé pour la première fois par Valérie Giscard d’Estaing alors qu’il était président de la république. Cette simplification donnerait nécessairement de la croissance…

 

La croissance ainsi créée permettra l’allègement des cotisations familiales de 30 milliards d’euros (notre cher président hésitait lors de sa conférence de presse, entre 30 et 35 milliards ; or, c’est bien 30 milliards car cet allègement concerne uniquement les entreprises privées et non tout le marché du travail ; les 5 milliards proviennent du secteur public).  Malgré tout, cela n’est pratiquement qu’un effet d’annonce. En effet, sur la fiche d’imposition les cotisations familiales viennent avant l’impôt sur les sociétés,  si bien que cet allègement va finalement être payé par les entreprises. Un moyen pour éviter de payer cet impôt est de dépenser cet argent, soit en investissant, soit en créant des emplois ; cela peut encore une favoriser l’économie. De plus, et cette fois-ci cela peut avoir de grave conséquence, la politique familiale rentre directement dans les mains de l’Etat seul en se passant des partenaires sociaux. L’Etat peut alors les réduire et faire des économies sur les ménages, cette réduction, si elle arrive trop tôt pourrait entraver la consommation et donc la reprise économique.

 

Pour pallier aux effets de cette mesure sur les finances de l’État, il y aura la suppression du Crédit Impôt Compétitivité en 2016. En effet, il demeurera pour les années 2014 et 2015. Mais cet allègement créera, selon le président, des contreparties dont il n’a pas précisé la teneur. 

 

De plus, il a promis une économie dans les finances publiques de 50 milliards, sur la période cumulée 2014-2015-2016 : notamment en clarifiant des compétences, voir en jouant sur les dotations des collectivités territoriales. Il a été très évasif lorsqu’il a émis l’hypothèse d’une destruction de certaines collectivités, dans de plus grands ensembles. Il a malgré tout beaucoup insisté sur le rôle des Métropoles.

 

Mais notre Président est un européen convaincu et essaye de faire vue commune avec l’Allemagne, notamment par l’idée de la création d’une grande entreprise franco-allemande sur l’énergie renouvelable. Rappelons que l'énergie renouvelable, n'est guère rentable et s'appuie sur les énergies fossiles et nucléaires (l'apparence n'est pas forcément la réalité, comme nous l'avons déjà vu ici)...

 

 

Avec le pacte de responsabilité, le patronat en sort renforcé, mais également les différents syndicats, car depuis 18 mois, ce sont les syndicats réformistes qui ont gagné les élections professionnelles. Il y a donc une base pour permettre la concertation et l’ouverture. Peut-être n’y aura-t-il pas de grève pour refuser le plan présidentiel ?

 

Un certains nombres de voies de l’opposition  ce sont dit en parfaite adéquation avec les propositions du président, comme l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, ou l’ancien ministre de l’économie sous Nicolas Sarkozy, François Barouin, a contrario du chef de fil, Jean-François Copé.

 

L’exercice tenté par le président est réussi, malgré tout, toutes ces annonces sont appelées à des négociations avec les partenaires sociaux. Il ne s’agit justement que d’effets d’annonces, rien de précis n’est réellement prévu, juste des discutions, des rencontres sur ces thèmes. Ces idées ne sont-elles pas déjà enterrées ?   

 

En effet, malgré ces annonces, les agences de notation continue d'avoir un avis négatif, ou à la rigueur neutre (notamment pour l'agence Fitch Ratings) concernant l'économie française. Le président en restant dans le flou artistique dont il a l'habitude ne séduit ni n'effraye les financiers, qui n'attendent pas, comme le peuple de France, des effets d'annonces, mais des mesures concrètes à même de sortir la France de son marasme économique.

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