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Regard d'un homme libre sur l'actualité régionale, française et internationale...

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Editorial de L’AF 2817 : À qui profite le crime ?

Il y a quelques mois à peine, les media avaient déjà tout prévu pour le second tour de l’élection présidentielle de mai 2012. De même qu’en 2006 ils avaient sommé les Français de choisir en 2007 entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, de même ils leur imposaient un duel DSK-Sarko pour l’année prochaine.http://www.actionfrancaise.net/craf/IMG/jpg/numeriser0032.jpg

C’était la voie de la raison démocratique : les Français devraient nécessairement choisir entre deux personnalités incarnant, avec des différences mineures, le mondialisme. Marine Le Pen jouerait le rôle de l’outsider, comme Bayrou en 2007, et chacun serait à sa place. Mieux qu’en 2007, en 2012 les Français auraient à choisir entre le même et le même : la stature internationale acquise par DSK à la tête du FMI lui ouvrirait les portes de l’Elysée si les Français se détournaient de Sarkozy.

En deux étapes, le scénario est devenu obsolète.

Première étape : en raison de la montée du Front national depuis janvier, à la suite de l’élection de Marine Le Pen à sa tête, il est bientôt apparu qu’un des deux protagonistes désignés d’avance aux votes des Français risquait de ne pas être qualifié. Et les media d’évoquer déjà un 21-Avril à l’envers... La surprise digérée, qu’importait, au fond, puisque le système avait en DSK un clone assuré de le remporter ? L’essentiel serait qu’avec l’un, comme avec l’autre, la France resterait soumise à l’ordre international, dont l’Europe est la fondée-de-pouvoir. Compte tenu de la forte personnalité de la candidate que les media officiels ne se font pas faute de continuer de qualifier d’ « extrême-droite », et de l’aggravation de la crise en France, non seulement économique et financière, mais également sociale et morale, certes, le New-Yorkais ne ferait pas le score soviétique de Chirac en 2002, mais on s’en consolait puisqu’il serait, de toute façon, élu. Le FMI ne ferait qu’une bouchée de la dynamique nationale. Et les « centres » de préparer déjà leur ralliement au PS au second tour en quittant, juste à temps pour se refaire une virginité, un navire UMP faisant eau de toutes parts, comme des rats qui se sont goinfrés quatre ans durant du pouvoir et de ses avantages. La vie politique française ? Une sphère infinie, dont le centre est partout, la circonférence nulle part, ...mais les intérêts bien identifiés.

L’arrestation de DSK vient de mettre à mal ce qu’il restait de la manœuvre politico-médiatique, un second tour DSK-Sarko paraissant désormais hors de propos : ni l’un, ni l’autre ne seront certainement en mesure de figurer au second tour. Mais l’essentiel est ailleurs. Derrière les conséquences économiques et politiques de l’affaire - le FMI s’est aussitôt ressaisi, quant au PS, il a pléthore de candidats à la candidature -, l’arrestation de DSK ne doit-elle pas se lire avant tout comme l’expression de la mort prochaine d’un système ? En termes non seulement électoraux mais surtout historiques ? Certes, la France paraît la première victime collatérale des frasques criminelles - si elles sont avérées - de celui que Sarko avait parrainé alors qu’il connaissait la réputation sulfureuse du personnage. Mais la superclasse mondiale et ses serviteurs se croient au-dessus des lois ! Ce n’est, malheureusement pour la France, qu’un discrédit supplémentaire, notre pays étant déjà humilié depuis quatre ans par la présence, à sa tête, d’un personnage qui n’a jamais su se hisser à la hauteur de sa fonction.

Mais ce à quoi nous assistons doit s’interpréter, plus profondément, comme l’autodestruction de la classe politique poussée sur le fumier de l’après-68. Après avoir développé toutes les contre-valeurs d’une idéologie à la fois cosmopolite, consumériste, hédoniste, voire vulgairement jouisseuse, bref, antipolitique, cette classe, dont la raison d’être est d’en finir avec les peuples pour mieux imposer à de semble-citoyens les lois de fer du village planétaire, sûre de sa victoire, avec un cynisme presque puéril, a progressivement montré son vrai visage. Cela a éclaté le soir-même de l’élection de Sarkozy. Cela se poursuit, en une étape essentielle, dans un chambre d’hôtel new-yorkaise. Car ce qui est en cause, ce ne sont pas tant les trains de vie dispendieux, voire la vulgarité affichée que le fait, pour les représentants emblématiques de cette superclasse, sûrs de leur victoire définitive, d’avoir perdu toute prudence et de paraître sans plus aucun fard aux peuples qu’ils méprisent. Sarkozy et DSK sont nus, désormais, aux yeux des Français, et ils le sont comme les représentants emblématiques d’une élite dénationalisée, dont la volonté de puissance cherche, pour régner, à briser la résistance des nations historiques. Sous la lumière crue, nos élites se désagrègent.

L’estocade n’est pas encore donnée, assurément, mais, de Sarko et DSK, l’onde de choc ne peut que finir par atteindre des élites politiques, médiatiques, intellectuelles, économiques qui, durant des décennies, se sont employées à infantiliser, corrompre, bâillonner, décourager, dissoudre, dépolitiser les Français. Elles en sont conscientes et ont peur. On comprend pourquoi, si la présomption d’innocence est un principe intangible auquel l’Action française ne manquera pas, la classe politico-médiatique l’applique à l’égard de DSK avec un zèle insoupçonné, dont n’ont jamais bénéficié les militants de la cause nationale : l’attaque étant frontale, on se serre les coudes avec encore plus de vigueur que lors des affaires Mitterrand et Polanski, qui n’atteignaient que l’élite sociétale. D’autant que d’autres affaires, d’autres natures, mais compromettant le même milieu, sont prêtes à (res-)sortir : Karachi, Woerth-Bettencourt, Woerth-Compiègne, pour n’en citer que quelques-unes, et la dernière en date : Lagarde-Tapie : 285 millions d’euros pris, en 2008, aux contribuables français.

Hédonisme, renversement des valeurs, communautarisme, refus de la vie, immigrationnisme, antiracisme, lutte contre les « discriminations », désintégration des solidarités sociales, dissolution des identités nationales, sexuelles, culturelles, atteintes inédites à la liberté d’expression : plus de trente ans de dérives post-soixante-huitardes (le temps pour cette classe de prendre tous les leviers de commande) ont donné tous leurs fruits ou presque, mais les contre-valeurs, imposées aux Français parfois par le bras séculier de la République, sont de plus en plus contestées. De nouvelles élites émergent qu’on tente de criminaliser, voire de bâillonner mais qui sont décidées à dénoncer l’imposture. La prise de conscience s’effectue, progressivement.

Le mépris du politique, qui est le mépris des nations, se retourne enfin contre ses promoteurs. Le peuple se réveille devant le spectacle dégradant donné par une classe politique qui pourrit sur pied. Donner à celle-ci, le plus tôt possible, le coup de grâce, serait faire acte de charité ...à l’égard des Français.

François Marcilhac

 

(vu sur le site de l'Action Française).

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