Que dire sur ce livre ? Et d'abord qui est cet auteur ? Grand écrivain, monument de la littérature française, traître à son pays, collabo, pétiniste, gueule cassé de 1914... Il s'agit donc d'un auteur sur lequel pèse l'opprobre des années de guerre, où il a soutenu le perdant... Vae Victis ! C'est pour cela que jusqu'en 1951, il vécut au Danemark. Après son retour en France, il vécut dix ans. Voilà pour l'auteur.
Ce livre se passe totalement en Allemagne, dans le Reich allemand, alors qu'il est entrain de s'effondrer, que l'aigle Nazi chancelle et ne va pas tarder à s'écrouler entraînant dans sa chute des pans entiers de la société germanique. Céline, sa femme, un de leurs ami : La Vigne et son chat Bébert se retrouve dans cette Allemagne en flamme, où la société se décompose. On y voit d'ailleurs cette lente décomposition, que se soit dans les ruines d'un Berlin pantagruélique, très baroque, où les bombes continuent de tomber comme le feu sur Sodome. Ils vont jusqu'à fuir dans un petit village de la campagne allemande qui n'est pas touché par les bombardements, mais où le substrat de la société germanique est prégnant. Les petites dissensions sont mis en exergue et prennent une ampleur qui atteint le dramatique, avec une touche de comique, puisqu'ils s'agit de petit problème du quotidien qui engendre de grande différence entre les individus...
Il est rempli de philosophie, puisqu'ici le maître mot de Céline, pouvant se rattacher à Sénèque, puisqu'il accepte de mourir, mais sans rester passif, en essayant de survivre malgré tout, en n'avançant vaille à que vaille...
L'écriture de Céline est indéfinissable, avec une écriture condensé, où les dialogues sont très peu présent, ayant de nombreuses phrases averbales. Il y a un véritable style Céline, auquel on peut adhérer ou totalement détester, chacun sera seul juge...