Regard d'un homme libre sur l'actualité régionale, française et internationale...
Comme je l'ai fait précédemment pour Maurice Barrès, je vais présenter cet illustre écrivain en quelques mots (promis je serai moins long que pour le précédent). Georges Bernanos est depuis sa tendre enfance un catholique pratiquant et de part son éducation un royaliste convaincu. Très jeune, il milite à l'Action Française en tant que Camelot du Roi. Lors de la Grande Guerre, même s'il est réformer, il décide d'y participer par patriotisme, pour défendre le sol sacré, et reçoit de nombreuses blessures aux combats. Au lendemain de la guerre, alors de retour à la vie civile, il reprend ses activités militantes au sein de l'Action Française. A partir de 1938, il romps définitivement avec ces camarades de l'Action Française. Ce roman "Le journal d'un curée de campagne" est publié en 1936, alors qu'il séjourne en Espagne. Ce roman recevra le grand prix de l'Académie Française, l'année de sa sortie. Il continu d'écrire, nous pouvons citer son magistral "La France contre les robots" et meurt au mois de Juillet 1948.
Après avoir quelque peu parlé de ce brillant personnage, il est temps de rentré dans le coeur de notre sujet, qu'est ce roman, ayant été adapté pour le cinéma dans les années 1950. Il s'agit d'un roman où Bernanos fait parler un jeune prêtre fraîchement émoulu du séminaire. C'est un jeune pauvre, sans bien aucun, qui tout au long du roman ne peut manger correctement et à sa faim. Il est également très naïf sur la façon de mener ses brebis et de la gestion de son ministère. Un vieux curée charismatique, voir prenant une figure paternel auprès de ce jeune homme qui n'a pas connu le sien prend alors de plus en plus de place. Même s'il croit bien faire, certaines manies de ce jeune curée son parfois risible, mais toujours extrêmement émouvante car il essaye toujours de faire de son mieux. On voit peu à peu un monde désenchanté où il va essayer d'y amener un peu de compassion, de douceur, en bref de grâce. On sent la foi transparaître au sein de ce personnage, qui est à la foi perdu au sein de lui-même, de sa mission et auprès de sa paroisse. La seule chose qu'il sait c'est qu'il a la foi, la foi dans quelque chose de plus grand que lui et qu'il ne peut aller contre Ses Volontés, même s'il rencontre de nombreuses difficultés. C'est un roman dans laquelle on peut voir une forme initiatique, car ce qui peut se lire en filigrane est l'acceptation de ce qu'est l'être humain, un être qui vit mais qui est mortel, et que le seul moyen d'avancer dans la vie est l'acceptation de son passé et de son avenir. On y voit également transparaître la psychologie d'un personnage attachant, touchant, qui ne refuse d'ailleurs pas un brin de modernité dans la vie de tous les jours ; mais il a une rigueur morale extrêmement dure pour lui même, ainsi que pour les autres...
C'est un livre qui vous rendra le sourire, non point parce qu'il est joyeux, mais parce qu'il rend confiance en l'humanité. Tout n'est peut-être pas si putride qu'on le dit ; des sentiments nobles peuvent encore exister, si on ne juge pas par rapport aux résultats des actions, mais aux volontés qui les ont précédés !